samedi 12 janvier 2019

Fatigues


 Suite à un « article » de Pierre Mathon, cette semaine,  sur son blog Bagnolet en vert, je m’accorde un droit de réponse, en mon nom et au nom de la Bergerie. L’ « article » en question n´étant en fait, qu’un commentaire diffamatoire accompagné de l’article paru dans le Parisien le vendredi 4 Janvier au sujet de la Bergerie.
Avis aux amateurs de polémiques locales et « fratricides », mais aussi, de clarifications.
J’en profite pour demander, notamment, aux bagnoletais-es, de porter une attention particulière aux prochains articles que nous posterons au sujet de la Bergerie et de les relayer. Nous y reviendrons sur l’article du Parisien, forcément réducteur, et sur le contenu du vote à l’unanimité du conseil municipal du 12 décembre au sujet de la Bergerie. Merci.

Voilà en guise d’accroche, les quelques lignes misérables de l’article du blog Bagnolet en vert. Suivent ma réponse, puis l’article du Parisien.
La bergerie des Malassis, c’est fini : c’est dans Le Parisien …
Ainsi Eiffage a eu la peau de la Bergerie des Malassis avec les complicités successives des maires en place. Le berger déménagera donc dans l’emplacement prévu de longue date par Eiffage et Everbecq.
Que dire de l’action du berger : d’un côté il parle de lutter, il dénonce, il appelle au secours … (à juste titre) et de l’autre il négocie seul, petit bras et en secret, avec les autorités. Nous ne dirons rien du prix … à payer par les contribuables ; ni de l’avenir de ce montage brinquebalant.
Adieu la flamboyance du projet alternatif qui avait séduit des personnes prêtes à apporter leur concours. Le soutien, ça se mérite !
Voilà ma réponse :

Voilà la réponse à Monsieur Mathon :


Monsieur Mathon, de Bagnolet en vert,

Suite à la lecture de votre dernier article au sujet de la Bergerie, j’ai eu d’abord la nausée. Heureusement, depuis plus de dix ans que je fais vivre, avec d’autres, l’association Sors de Terre, j’ai déjà eu l’occasion à de nombreuses reprises, d’éprouver cette sensation organique désagréable, qui démontre, la relation directe entre les pensées toxiques et les maux du corps.

J’ai d’abord pensé ne pas vous répondre, me disant que vos propos ne méritaient pas d’être relevés. Finalement, je vais le faire, car à travers vos mensonges, vos raccourcis partisans et votre démagogie, vous contribuez à répandre, ce contre quoi vous prétendez outrageusement lutter : une forme de pensée et de communication qui visent à être une pensée dominante, écrasante.
Je vous réponds aussi, car ce n’est pas simplement moi que vous insultez et que vous calomniez, par votre suffisance et votre rage à peine retenue, c’est la Bergerie, son histoire et toutes les personnes qui l’aiment, la considèrent et la soutiennent réellement. Vous vous êtes trompé d’ennemi(s), quel manque de discernement par les temps qui courent ; ou bien faisons nous les frais, de petites guéguerres partisannes, qui ne nous intéressent pas, et qui nuisent à l’intérêt général. Je vais néanmoins m’appliquer à vous répondre.

Je ne sais pas comment vous qualifieriez votre blog Monsieur Mathon ? Sachez que j’ai à plusieurs reprises vanté son mérite perturbateur et agitateur dans la vie bagnoletaise. Quelles exigences vous appliquez vous quand vous rédigez un « article ». Ce n’est en tout cas pas œuvre journalistique que vous faite. Du militantisme ? J’attends personnellement autre chose d’un militant écologiste, que de chercher à discréditer une association qui sensibilise, de façon inédite, et depuis de nombreuses années les citadins à la qualité de leur environnement, de leur ville et de leur imaginaire. De la Politique ? Oui à coup sûr, pourquoi pas, comme beaucoup d’autres. De la politique politicienne, à l’ancienne, de celle qui tire la couverture vers soit, et qui laisse les autres en proies aux morsures du froid … ceux avec qui on partageait la couverture. De celle qui n’hésite pas à diviser pour mieux régner.

Monsieur Mathon, je n’ai, nous n’avons, jamais « appeler au secours » ; ce n’est pas le genre de la maison. Nous avons invité ceux qui le souhaitaient, les citoyens en premier lieu, ceux qui connaissent la Bergerie, le quartier, à réfléchir ensemble à une belle vie aux Malassis. Nous savions qu’il y aurait du monde au rendez-vous. Nous savions qu’il y aurait une pollution politique, légitime par ailleurs, de notre mobilisation spontanée et amateure. Nous l’avons fait suite à la destruction par les bulldozers des prés jumeaux et de cinq beaux arbres. Nous avons réussis à virer les Bulldozers ; vous n’étiez pas là, votre soutien n’est pas indispensable. C’est suite à cet évènement tragique que nous avons lancé notre dernière pétition.
Je vous rappelle deux choses : les activités de l’association et de la Bergerie ont toujours irradié le quartier, nous ne sommes pas restés dans notre pré carré … Et la porte de la Bergerie a toujours été ouverte à tous, et tous sont venus, la journée, le soir, évènement, réunion ou pas. Vous êtes venu, aux deux premières réunions publiques que nous avons organisées, puis plus rien. Vous êtes venus avec vos propres objectifs. Ne me parlez pas de « soutien », vos premiers mots ont été de dire que c’était trop tard pour se battre ; quel encouragement, pour quelqu’un qui vient nous dire aujourd’hui que nous ne nous sommes pas assez battus. Le soutien nous vient des habitants qui nous encouragent chaque jour, qui sont témoins de nos activités, et, conscient de nos difficultés.

En parlant de moi, vous dites, « il négocie seul, petit bras et en secret, avec les autorités » … Je n’ai pas négocié seul, comme vous le dîtes, d’autres membres de l’association, habitants du quartier, ont participé à des réunions avec la ville. Et de quel secret parlez-vous, Monsieur ? Quel est ce poison que vous venez distiller pour votre seul intérêt. N’est-ce pas vous, plutôt qui écrivez en secret devant votre écran dans une solitude vengeresse ? Sachez que j’ai discuté en toute transparence avec les habitants qui venaient s’enquérir nombreux et quotidiennement du sort de la Bergerie. Quand, nous sommes nous parlés la dernière fois ? Quand êtes-vous venu vous enquérir de l’évolution de la situation ? Pourquoi n’êtes pas vous venu prendre des nouvelles pour écrire votre article ? La sélection opérée par le parisien ou la subjectivité des communiqués de la mairie vous suffisent apparemment, pour rendre votre petite justice. Vous n’êtes ni ami de la Bergerie, ni rigoureux dans vos quelques lignes compulsives. Je prends ici le temps d’être précis.

J’ai dit au Maire, et à d’autres responsables de la ville, les mêmes choses, que je disais aux habitants. Nous ne sommes pas des professionnels de la négociation, ni de la politique ; heureusement. Nous sommes connectés à d’autres principes. La base des discussions était le texte de la pétition « Pour une belle vie aux Malassis ». Relisez-la.

A la dernière réunion à la bergerie où vous étiez présent, comme d’autres, il avait été dit que nous ne quitterions pas notre terrain historique, tant que la ville n’aurait pas répondu favorablement aux trois points exigés dans la pétition. Début Septembre, je demandais aux maire, devant la surdité des services, si la ville était prête à nous déloger, CRS à l’appui, car on ne bougerait pas tant que nous n’aurions pas obtenu satisfaction, pour la Bergerie, son fonctionnement, et pour la sauvegarde d’un grand espace vert public en lieu et place des prés jumeaux, à l’image de feux les grands espaces verts publics en pieds d’immeubles des Malassis. La ville s’est engagée à laisser l’association fabriquer un parc en pied d’immeuble avec les habitants du quartier, aménagement intégralement végétal supplantant le projet pauvre prévu par l’ANRU. Nous avons aussi proposé beaucoup de choses et expliquer en long et en large notre vision du quartier. Nous avons fini par obtenir « gain de cause » pour le terrain des ex prés jumeaux ; nous attendons à ce que la ville s’y engage de façon définitive et officielle ; ça s’est écrit dans le Parisien. Tout cela nous en avons parlé avec les habitants.

Vous ne nous ferez pas passer pour des imposteurs. La Bergerie ne vous appartient pas et nous ne vous devons rien. Ce n’est pas vous qui pouvez dire si « La Bergerie c’est fini … ».
Nous avons fait ce que nous avons pu, en restant en contact permanent avec une large partie de la population du quartier. Vous usurper comme tant d’autres, encore une fois, le terme d’alternatif qui fait maintenant parti du jargon politicien; vous ne connaissez pas la Bergerie, ce qui s’y passe, ça vous échappe, je le sais. Nous sommes une clique de cas sociaux, joyeux et sombres lurons en quête de liberté qui se rassemblent et se réchauffent autour d’un feu. Le berger, comme vous dites, car je ne me dit jamais berger, c’est un mec de banlieue, qui l’aime passionnément, la Banlieue, et ses habitants. Un mec, père, qui trime depuis des années, se mettant en danger financièrement, physiquement et psychologiquement, pour faire vivre un très bon délire, pour faire vivre et pour nourrir ses chères chèvres et ses chères brebis, tous les jours depuis sept ans et demi, dans un contexte qui devient toujours plus difficile. Et en plus, il faut se coltiner la mauvaise foi et l’agressivité, dont vous êtes capable et dont d’autres à qui nous avons aussi à faire sont aussi capables ; d’autres à qui vous ressemblez finalement. Je vous accorde le mérite de le faire de façon un peu plus frontale.

Notre lutte n’est pas terminée. Vous mettre les points sur les i, ça en fait aussi parti, si vous pouvez comprendre. Si ça vous intéresse, renseignez-vous. Mais je ne crois pas que vous le ferez, vous préférerez rester dans vos certitudes à notre sujet, ou dans votre manie de l’instrumentalisation. Quel dommage d’avoir à vous dire des choses désagréables, je suis assez d’accord avec votre idéologie, mais réfractaire à votre tempérament et à votre manque de discernement. Chacun voit midi à sa porte, me direz-vous.  

J’aurai voulu, plus que quiconque, pouvoir sauver La Bergerie. C’est la mort dans l’âme que j’essaie de m’y résoudre. Je n’y suis pas d’ailleurs encore véritablement parvenu, autant parce qu’il reste des points en suspens avec la ville, que parce que je sais la valeur de ce lieu et de ses activités, et encore et surtout parce que tant de gens y sont attachés. Seul l’avenir nous dira ce qu’il adviendra. Ne venez donc pas nous maltraiter à des fins politiciennes et personnelles. Nous avons pris nos responsabilités comme nous le pouvions, j’ai envie de dire, mais aussi au regard de nos valeurs dans une époque trouble où nous voulons continuer à jouer un rôle social, écologique et créatif. Ne venez pas salir notre histoire, avec des insinuations et des fausses vérités. Nous sommes victimes de ce qui se passe, mais nous sommes, et nous veillerons à rester toujours garant aux Malassis, comme depuis le début de l’association, et avec d’autres, d’un esprit de liberté, d’une pensée qui ne méprise pas l’autre et d’un désir de création. Si vous pensez que l’argent que la ville va débloquer pour l’installation et la construction est un appât pour nous, vous prenez vos désirs d’hégémonie intellectuelle et moral pour une réalité et vous n’avez rien compris, rien du tout Monsieur Mathon.

Je vous ai demandé un droit de réponse sur votre blog à travers un commentaire en cours de modération. Nous verrons si vous m’offrirez cette tribune, à travers ce texte, déjà bien long. J’aurais pu préciser d’autres choses. Elles le sont ou le seront de toute façon, nous allons continuer à faire parler de nous, vous verrez. Vous me direz si c’est assez alternatif ou pas pour vous.

Gilles Amar / Bergerie des Malassis
L'article du parisien reproduit sur le blog Bagnolet en vert :

Lu dans Leparisien.fr du 3 janvier 2019 :
« Bagnolet : la bergerie remplacera un vieux parking
Hélène Haus
.
La mairie et l’association Sors de Terre se sont mises d’accord sur le lieu de déménagement de la bergerie des Malassis. Mais le berger Gilles Amar s’inquiète notamment du calendrier du projet.
« Et voilà, c’est ici ! », souffle Gilles Amar en arrivant sur un petit parking bitumé, où quelques tas de détritus s’entassent entre des véhicules plus ou moins bien garés. C’est sur cet espace de quelque 1 000 m2, à l’angle des rues Babeuf et Girardot, que cette figure emblématique du quartier des Malassis à Bagnolet doit déménager sa bergerie.
Après des années de discussions, le fondateur de l’association Sors de terre a réussi à se mettre d’accord avec la municipalité sur le lieu de relocalisation de sa structure jusqu’alors accolée à l’école maternelle Pêche d’Or. « Nous avons besoin de ce terrain pour reconstruire et agrandir l’établissement scolaire actuel afin de répondre aux besoins en équipements des nouveaux habitants du quartier », rappelle le maire (PS) Tony Di Martino (lire encadré). Pour accompagner le berger, le conseil municipal a voté fin décembre une subvention maximale de 360 000 € à l’association Sors de Terre, qui doit lui permettre d’aménager son nouvel espace.
Un bail de 18 ans
Mais ce futur déménagement laisse un goût amer à Gilles Amar, qui aurait aimé rester à l’emplacement où ses bêtes sont arrivées en 2011. « J’étais au cœur du quartier. Les habitants de toutes les cités venaient me voir », souligne le berger, qui regrette la bétonisation croissante des Malassis depuis l’opération nationale de rénovation urbaine. Il a d’ailleurs bataillé ces derniers mois pour obtenir la préservation de la prairie dans laquelle broutent ces 32 bêtes. Un espace qui devait être en partie supprimé pour créer un cheminement piéton. « C’était LA condition pour que j’accepte de partir. Mais pour l’instant, je n’ai qu’un accord oral, alors je reste vigilant », souligne-t-il.
La mairie, elle, estime justement que ce déménagement va permettre au berger de régulariser sa situation. « Nous allons signer un bail de 18 ans avec son association. Il n’en a jamais eu jusqu’ici », rappelle l’édile.
Un contrat qui risque pourtant de faire l’objet de nouvelles frictions. « Les papiers mettent en avant un bail à construction alors qu’à l’oral, on m’a toujours parlé d’un bail emphytéotique, qui me laisserait plus de liberté dans la construction de mes équipements », pointe Gilles Amar, qui s’inquiète aussi du calendrier du déménagement. Si la mairie souhaite débuter les travaux de l’école cette année, le berger lui assure qu’il ne quittera pas les lieux tant que son nouveau terrain ne sera pas aménagé. « Où iraient mes bêtes ? », interroge-t-il. ».
Bon, à suivre …
Pierre Mathon
Photo : Bagnolet, ce jeudi 3 janvier. C’est sur ce parking que doit déménager la bergerie de Gilles Amar. LP/H.H

Publié par pierremathon
2 réflexions au sujet de « La bergerie des Malassis, c’est fini : c’est dans Le Parisien … »
1.      Descripción: https://0.gravatar.com/avatar/606bcc2918f2337332a8a1ff1f6b71e3?s=50&d=identicon&r=GAmar gilles dit :
Bonjour Pierre,
Quel étonnement à la lecture de ton article. Tu fais peu de cas de la vérité, et des faits. Je ne savais pas que tu avais la Bergerie dans ton colimateur. Je te rappelle seulement que les plus touchés par la disparition annoncée de la Bergerie sont les membres de l’association et moi le premier. C’est pas terrible de remuer le couteau dans la plaie.
Si tu as un peu d’honnêteté intellectuelle, toi qui te pose en donneur de leçons, tu m’accorderas un droit de réponse sur ton blog.
Gilles Amar
Bergerie des Malassis
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a.       Descripción: https://2.gravatar.com/avatar/2ad5cf71f39558578f960eb415d98612?s=50&d=identicon&r=Gpierremathon dit :
Bonjour,
Merci de ton intervention, mais je ne vois là nul argument qui pourrait modifier mon triste constat.
PIierre Mathon
J'aime
i.            Descripción: https://2.gravatar.com/avatar/874ac4e645f5a4d7003c2d85164afd94?s=50&d=identicon&r=GAmar gilles dit :
Votre commentaire est en attente de modération
J’ai demandé un droit de réponse sur ton blog. Visiblement je ne l’aurai pas.
Ma réponse se trouvera donc sur la page facebook « LA bergerie des Malassis » de l’association et sur notre blog 
http://www.sorsdeterre.blogspot.com
On se passera de ton « soutien » pour la suite
Gilles Amar / Bergerie des Malassis

lundi 24 septembre 2018

Vive l'impro !


J'vais vous la faire
Comme ca 
En impro
J'ai téléchargé des photos dans le désordre
Il faut un texte qui pète
Pour faire swinguer les images
De Sylvie
Un texte qui déchire
Pour les potos 
De la Bergerie



La Bergerie ca pue la campagne
Et ca sent bon le 93
On est pas là
Pour faire 
Et dire
Ce qu'on voudrait nous faire
Faire et dire
On est du 93
Tout le monde est du 93
Seine Saint Denis Terre d'Asile
Paris veut te grignoter
Te maquiller
On voudrait que tu sois sympa
Mais il y a longtemps
Que tu as de la valeur




Bagnolet village de Banlieue
Qui fait la bise à Paris
Banlieue chérie
Banlieue haïe
Eh ! c'est chez nous !
L'adrénaline coule dans nos veines
On aime les trucs de ouf
Entourés de gentils fous
Y avait la place pour les bêtes
Et on l'a prise


Sans la complicité
Des anciens, des jeunes,
Des darons des daronnes
Des minots
C'était foutu
Mais tout le monde a assuré
Alors Ça l'a fait
On bosse et on nous respecte
Si y a embrouille
Y a le bouc
Et c'est tout


Loin loin de l'agriculture urbaine
Des bergers urbains
Qui se branlent avec leurs moutons
Qui font l'trottoir
J'ai une bonne couche de merde
Sous la semelle tous les jours
Des mains sales
Et une odeur agricole
Qui me colle autant à la peau
Que l'odeur de la rue
Loin des clichés
Loin des cases
On fait plus de place pour les gens
En laissant la place aux bêtes
On essaie de montrer
Que notre 93 a de la valeur
Avant les projets de rénovation
Avant le séduisant lissage
De nos villes cabossées
Qui nous fait sentir encore une fois étrangers
Alors que nous sommes chez nous




L'matin quand j'pars à la Bergerie
J'ai du rap à fond
Dans mon camion déglingué
Ça m'empêche pas d'aimer les fleurs
D'dire bonjour 
De sourire
J'continue à enrouler des cartons
J'continue à dire non
A ceux qui veulent une ville 
Sans oasis dans l'béton
Les chèvres sont là
Pour le rêve et la conquête éternelle de liberté
Là où elle ne se cache pas
Là où elle n'est pas payante
Là oú elle n'est pas confortable
La liberté dans la rue
Dehors en bas de chez nous
Pour tous
Pas que pour ceux qui sont comme il faut
Oú pour les bobos rebelles
Qui auto célèbrent leur culture
Qui se construit sur des ruines
Et qui feignent d'ignorer qu'ils prennent la place
De ceux que l'on veut cacher





Alors quel destin ?
Pour la Bergerie
Pour nous banlieusards
Ignorés stéréotypés objets de condescendance
Pour tous ceux qui restent en dehors
Du spectacle généralisé
Version capitaliste assumé ou version bohême
Parce qu'ils ont des trop grandes gueules
Parce que tout est fait pour qu'on se sente moins ceci moins celà
Que les modèles qu'on nous brandit
Et pour que l'on reste entre nous
Notre culture est underground
Pas par mode
Mais par réalité et nécessité.

La bergerie est une banlieuserie
Son destin est donc solidaire
Du quartier
De ses habitants
Et de ses enfants
Qui me demandent parfois
"Gilles, c'est vrai qu'ils vont détruire la Bergerie ?"
Mon coeur se serre alors
Et je leur répond :
Non, ne vous inquiétez pas
Ils ne vont rien détruire, on se défend
Il ne vont rien détruire
Ni vos rêves
Ni nos racines ramifiées
 Qui irriguent le béton
















dimanche 24 juin 2018

Quand il faut se battre pour les belles choses, Bagnolet 2018, Bergerie des Malassis quel destin !






La Bergerie des Malassis a une histoire et un avenir commun avec la population : en tant que lieu associatif fréquenté par de nombreux habitants du quartier et au-delà, en tant que ferme en ville élargissant le champ des possibles, en tant que lieu d’éveil et de pédagogie pour les enfants, et, en tant qu’association intervenant sur le paysage de certains espaces verts des Malassis,  .
Nous demandons votre soutien pour défendre l’identité paysagère du quartier, dont la Bergerie fait partie, et pour porter l’idée auprès des institutions que d’autres façons de décider et de faire sont possibles. La violence et l’absurdité des travaux, quand ils ne sont pas annoncés quand ils vont contre les souhaits des habitants et quand, de surcroît, ils nuisent lourdement au travail de l’association auprès des habitants et pour le bien-être des animaux, ne peuvent pas nous laisser sans réactions.
Les Malassis ont une histoire riche, humaine, artistique, sociale, militante ; cette histoire et ses symboles ne peuvent pas être niés par une urbanisation insensible qui standardise tous les lieux, et rend impossible toute mémoire et toute transmission. Nos quartiers de banlieue, et leurs habitants, ont une histoire, une culture en commun, comme tous les autres territoires. Comme les autres, nous avons le droit de voir préservé, valorisé, patrimonialisé, nos paysages quotidiens et nos spécificités. La Bergerie des Malassis, ses activités, la qualité des relations qui s`y nouent entre habitants, est une des particularités du quartier. Elle est aussi un lieu d’expression pour tous.
L’association assume ses responsabilités, en tant que porte-voix des opinions des habitants et tant que porteuse d’initiatives positives. Nous considérons que c’est aussi notre rôle, au-delà des activités que nous proposons et de l’accueil des habitants dans les lieux que nous avons créés et défendus du fait de rapports toujours crispés avec les municipalités successives. Dix ans bientôt que l’association existe et aucune convention d’occupation de terrain signée avec la ville. Si nous existons encore c’est grâce à notre travail quotidien et grâce à vous. Nous devons faire comprendre à nos représentants élus, que certaines pratiques sont dépassées et qu’une vigilance citoyenne existe et agit.
Nous ne voulons plus de destruction d’arbres arbitraire, nous voulons être tenus informés des travaux par affichage légale, nous ne voulons pas que les enfants soient obligés de jouer sur les trottoirs, autrement dit, nous pensons que la résidentialisation à outrance et ses grilles qui nous privent des espaces verts de pied d’immeuble, est une erreur et un non-sens dans un contexte de densification. Nous nous opposons, mais nous proposons :

-          La remise en état du terrain des prés jumeaux entre la rue Babeuf et Saint-Simon (effacer les cicatrices laissées par les bulldozers que nous avons stoppés) par la ville ; le gel du projet de cheminement piéton en dur qui nous a couté encore plusieurs grands arbres; l’élaboration d’un projet d’aménagement paysager entre l’association et les habitants, des deux copropriétés attenantes au terrain en premier lieu. Un projet qui laissera la place aux activités agro-paysagères et pédagogiques de l’association en direction des habitants et qui laissera la possibilité de choisir aux habitants comment ils voudraient voir revaloriser leur pieds d’immeuble.

-          La valorisation agro-écologique, culturelle et sociale, et l’ouverture, au moins á des créneaux horaires à définir, des pieds d’immeubles résidentialisés.

-          Enfin,  nous réclamons et demandons votre soutien, pour que La Bergerie des Malassis puisse continuer à exister dans des conditions favorables. La Bergerie est la nôtre, est la vôtre. Elle est ce lieu qui restera dans les souvenirs de tant d’enfants, et d’adultes, qui aura fait bouger des lignes, et qui montre qu’il y a toujours des espaces des désirs commun malgré les différences. Pour continuer à exister nous avons besoin de consensus de la part des habitants.  Soutenez nous !!!

Signez la pétition en ligne en suivant ce lien :
 https://www.change.org/p/maire-de-bagnolet-d%C3%A9fendons-la-bergerie-des-malassis
et à la Bergerie pour les habitants de Bagnolet

Merci

dimanche 16 avril 2017

Trop Chèvre


 Les chèvres ça bouffe sur les chantiers

ça bouffe  à travers les grilles








 Ca s'pavanne aux pieds des immeubles


 Ca s'balade avec les gosses
 Ca bouffe les arbres arrachés par les bulldozers
 On finit par les aimer, les chèvres
 Et pis un jour ... plus rien
 Enfin si ... des logements
 Ah ... c'était bien les chèvres

jeudi 29 septembre 2016

Test N.2 : De la possibilité de douter dans un monde douteux

Oh, j'y suis allé un peu fort dans le dernier article ... Y en a qui vont pas être content ... Et pis y en a d'autre qui ont repris le texte pour le faire connaitre. Ça m'apprendra à me lâcher, à m'exprimer à chaud. Quel manque de professionnalisme ... remarque j'm'en fous ... j'fais pas de politique. J'peux dire ce que je pense ... ce que je ressens merde! 

Mais non, t'es con ou quoi ... ça va pas arranger les choses avec la mairie ... déjà qu'y en a qui peuvent pas te voir ... des, à qui la Bergerie donne des démangeaisons, et qui t'accusent de tout à tord et à travers ... d'aimer trop l'argent même ... non enfin quand même ... déjà que c'est malsain tout ça ... c'est pas la peine d'en rajouter!

Oui oui je sais ... mais je voulais juste m'exprimer, c'est mon droit non! Si on peut plus dire les choses que l'on pense, même comme ça au passage, y a un problème. Je peux écrire ce que je veux sur le blog de l'asso quand même! Faut pas mélanger travail et droit d'expression!

Mais calme toi dis donc ... En plus t'as vu? Y a un article dans le parisien ... la journaliste qui devait attendre pour faire son papier avec plus d'infos ... ben elle l'a fait sans te le dire ... 

Ouaih je la retiens celle là ... oh la la quel bordel ... tu fais un truc bien et tu te retrouves au milieu d'imbroglio qui sont à des années lumières de toi et des gens que tu côtoies au quotidien. Et il faut se coltiner tout ça en plus de tout le travail qu'il y a déjà. On était si bien sur ce terrain avec cette Bergerie, La Bergerie des Malassis. 

 Faut obtenir des garanties pour le futur emplacement, sur la forme et sur le fonctionnement ...
Oui mais les gens ils sont très attachés à la Bergerie actuelle ... c'est elle qu'ils veulent défendre les habitants .. c'est pour elle qu'ils sont inquiets. Et pis moi, je me vois pas dans la Bergerie des architectes ... ça me dégoute de penser qu'on peut même pas la construire nous même avec les gens.

Oui je comprends ... mais une fois construite, vous pourrez y mettre votre pâte malgré tout ...

Bah tu parles! On sait pas ce qu'on pourra vraiment faire ... J'vois pas trop comment on peut obtenir la même liberté qu'on a aujourd'hui, y vont sans cesse nous rappeler que c'est eux qui l'ont financée ... alors que nous on s'en fout d'être dans des locaux plus grand plus chaud plus neufs plus hype ... ce qu'on aime c'est la liberté. C'est ça que les gens viennent respirer à la Bergerie, un p'tit parfum de liberté ... mais va leur expliquer ça ...

Il faut obtenir une convention ou un bail de longue durée, c'est vous qui avez créé tout ça, qui êtes soutenus massivement par les habitants, c'est la garantie de pouvoir continuer sereinement votre travail et de le faire enfin fructifier.

Mouaih ... j't'avoue, j'sais pas, j'ai envie de laisser décider les gens pour quoi ils veulent se battre, moi j'suis écœuré pour l'instant.

mercredi 14 septembre 2016

Test N.1: Peut on résister, peut on encore s'exprimer ? Loup y es tu ? Même pas peur, c'est nous les loups!


Ah mes chèvres 
Que vous étiez belles 
Et fières 
Dans votre Pampa
A deux pas
De la Bergerie.
Avant d'être Pampa
Pour troupeau de caprin
Qui tourne sur face de bouc,
Là il y avait la petite cité Blanqui
Avec ses grands espaces verts
Ses grands arbres
Ses tilleuls ses robiniers 
Son noyer au tronc coudé.
Blanqui
Tu étais trop verte
Trop sauvage
Trop caché trop sympahique
La rénovation urbaine t'a rasée
Place aux chèvres aux brebis
Aux raccourcis à travers friche
Aux squats fumants et trinquants
Place aux jeu d'enfants
Blanqui
Dans les folles herbes et les chardons
Les pieds sur quelques crottes de biques séchées
On ne t'avais pas oublié 

  


 Pendant quatre ans 
Ceux qui se contentent de tout et de rien
On eu un parc de 8000 m2
En plein Bagnolet
Mais on savait
Que le désastre approchait ...

 

Les premiers bulldozers sont arrivés
Les chèvres s'en foutaient
Moi je m'énervais au moindre prétexte avec les responsables de chantier
Je leur mettais les bêtes dans les pattes
En juillet,
Il y avait encore des plantes des arbustes sur Blanqui
Sur notre Pampa de galériens
Il y avait encore de quoi
Nourrir les bêtes en début de parcours
Pour partir manger ailleurs ensuite
Je savais que ça ne durerai pas




La première chose qu'ils ont fait
A été d'arracher le noyer au bulldozer
Le plus vieux et le plus beaux noyer de Bagnolet
Naïvement je pensais que s'il devait conserver un arbre 
Ce serait celui là
Quel con ! C'est le premier qui est mort.
La cité Blanqui a aussi définitivement disparue.


Là ou il y avait deux bâtiments et beaucoup de grands arbres
Ils vont faire 6 bâtiments et des pauv's p'tits espaces verts playmobiles
Il y a déjà tellements de problèmes dans le quartier
Comment croire qu'augmenter la population va améliorer les choses
Quelqu'un cherche-t-il vraiment à améliorer la vie des habitants
La vie l´épanouissement des enfants des jeunes
En dehors des beaux discours racoleurs ...
Et de la comédie malsaine de la vie politique
Quand elle est au raz des pâquerettes et sans honneur.
Regardez ...
Ils ont mis "Bergerie des Malassis" au bas de leur panneau
Ils veulent faire une Bergerie municipale
Pour dire que celle là c'est eux qui l'ont faite
Appel d'offre à des architectes pour la dessiner appel d'offre à une entreprise pour la construire
Ils veulent nous avaler nous formater nous contrôler
Et pis si on est pas content
Appel d'offre à une autre association pour remplacer Sors de Terre qui a tout créer
Ils veulent qu'on ait peur
Qu'on essaie de tirer notre épingle du jeu
Qu'on sauve notre peau notre "projet"
Mais c'est pas un projet
C'est une histoire 
Avec le quartier et tous ses habitants
Et je crois qu'elle n'est pas fini ... 

Aujourd’hui, du fait des travaux, j'ai le plus grand mal à sortir les chèvres et à les nourrir correctement. Tout ne semble être que communication pour les responsables de la ville qui nous laissent seuls gérer des problèmes d¡envergure très concrets malgré l'importance de la Bergerie dans la vie du quartier. 


Merci à tout ceux qui nous soutiennent, tenez vous informez à partir de maintenant sur notre blog au sujet de l'évolution du projet de relocalisation, comme ils disent, de la Bergerie. Cette article est un cri du coeur dans une période difficile. Vous serez informez plus objectivement dans les prochains articles de l'état des discussions avec la ville de Bagnolet et des problèmes concret que nous rencontrons et qui mettent en péril la vie de l'association. Un évènement sera bientôt organisé à la bergerie pour débattre collectivement des actions à mener pour préserver et amplifier ce qu'il y a de vivant dans notre aventure pour que jamais elle ne devienne un projet !


mardi 7 juin 2016

Les bulldozers poussent



Les bulldozers poussent
Les bulldozers poussent les parois
Du temps habillé de magie
De nos rires et nos cris
Nos poils et nos ventres
Nos grâces et nos besoins

Les bulldozers
Arrivent soudainement
Et souterrainement
Ils sont abandonnés
La nuit sur le trottoir
Leurs chaines sont pour nous
Qui tissons des liens
De raphias et de rififis
Des coccinelles sur la peau
Des flammes dans la nuit
Où nagent les bus
115 – 76
La ligne passe devant la Bergerie
Et se poursuit
Et s’éteint
Et nous buvons
Et tard
Les bêtes bêlent
Râlent

Nous sommes forts
Comme nous sommes forts
Les bulldozers
Tardent à se pointer
Le choc arrivera
Tonnes de ferraille contre tonnes de chaire
Et de coeurs

Les bulldozers ont des oreilles
Des conseillers
Des chargés de mission
Qui vivent dans le monde des bulldozers
Le monde souterrain
Sous terre, hein
Qui partent en vacances
Chercher un soleil absent

Et tout ça
Pour les bulldozers

Les arbres et leurs feuilles généreuses
Tomberont
Les arbres
Sont en nous
Leurs branches prolongent nos mains
Et leurs bourgeons
Emplissent nos esprits
D’invitation aux festins

Les hommes et femmes de fer disent
« Jouez le jeu »
Jouez-le-je
Mais les dés sont pipés
Leur Je n’est pas le nôtre
Et il tient une massue dorée
Et ils appellent les bulldozers
Pour cassé des cabanes
Emplies de rêves d’enfants

Il y a un combat là
Un combat honorable
Quitte à y perdre des plumes
Quitter le monde des songes
Pour le monde des projets ?
Pourquoi ?
Embrasser les souliers de ces messieurs ?
Dire adieu à la boue au froid
Au désordre au mystère
Pourquoi ?
Arrêter le voyage des sens du sens
Pour un confort alternatif
Qui ficelle doucement mais suffisamment
La pensée grave et graveleuse
A l’heure du divertissement responsable et des corps sains
Et des listes citoyennes et miraculeuses
Pourquoi ?

jeudi 18 février 2016

Sans images


Eh écoutez
c'qu'on fait
C'est d'la bombe
Ouai
Ça déééchire
 On bosse vraiment bien
Du bon boulot 
Eh puis dans le coup quoi

Hum hum

On s'est parfaitement plié
A ce qu'on attend de nous
On a pas trop d'emmerdes avec les politiques
Pis euh
On propose de l'alternatif 
Qui passe bien
Des projets talentueux
Ah hé
C'est pas n'importe qui
Qui fait ça 

On connait bien le jargon
Les concepts et pis des objectifs
qu'on nous donne
Créer du lien social avec des carottes
Des ateliers participatifs de construction
Et des bêtes à cornes
 Ah euh

Mais le lien social c'est quoi au fait?

Poouuuuff  ffff

Et créer du lien social?
C'est quoi, c'est se dire bonjour
Comme certains imaginent qu'on doit le faire
Le lien social
C'est quoi?
C'est un truc bien précis?
Ou c'est plein de trucs différents?
C'est forcément avec le sourire
Ou a le droit de pas être d'accord
Et pis le lien social 
C'est un machun qui se créer
Ou c'est un truc qu'on invente pas 
Qui est déjà là
Et qui faut découvrir
Qu'il faut apprendre à connaitre
A aimer ou non
Quand on est pas du coin

Ça prend du temps de connaitre les gens
Vachement de temps
C'est comme bien jardiner
Ça prend du temps 
Bien connaitre et s'occuper d'ses bêtes 
Ça prend du temps 

Le lien social
Dans la bouche de certains
T'a l'impression 
Qu'c'est un kit du bonheur appliqué 
La formule passe de bouche en bouche
Qu'importe si elle est creuse
Elle permet de beaux discours
Comme d'autres concepts passagers de la communication
Le lien social
Ça peut même se prendre en photo

Le lien social
en voie de disparition
Comme une espèce menacée
Recherche lien social
Balisage de nouvelles zones
En carence de lien social
Montage de projets projets projets
Créateurs de lien social lien social lien social

Non vraiment
C'est un bon crédo de nos jours

Mais perso
J'suis mieux dans mon coin
Avec les gens que j'connais
Et qui m'ont jamais causé
Du lien social




 

















dimanche 22 novembre 2015

Les cornes poussent quand on a les boules




Y a pas de plans
Pas de programme
Pas de newsletter
Pas d'réseau
Pas d'workshop
Pas d'com
Pas d'concept




Y a pas d'moule
Pas d'marche arrière
Pas d'peur
Y a pas de grimace
Y a pas d'arrangement
Y faut vraiment arrêter de déconner


Y a pas d'performance
Pas d'nouveauté
Pas d'repis contre la bêtise
La haine 
Le racisme
L'hypocrisie
La malhonnêteté 
Y a pas d'tendance
Pas de compromission avec les mains sales
Avec les lâches



On boit 
On rit
On pleure
On croit à ce qu'on fait
On sait pourquoi on le fait
Pas pour la nature en ville
Pas pour l'agriculture urbaine
Pas pour le participatif
Pas pour la concertation
Pas pour le vivre ensemble
Ce sont les mots des vendeurs de sommeil
On le fait 
Parce qu'on aime la vie
Et ça suffit
Et on continuera
Toujours plus fort
Même si le courant est contraire
Parce qu'on aime être au contact
De ce que l'on combat,
Dans les réunions comme sur le terrain,
De ceux qui nourrissent notre espoir,
Dans les réunions comme sur le terrain.


mercredi 29 juillet 2015

dimanche 7 juin 2015

Anachroniques urbaines

Je suis allé chez un psy spécialisé en névroses et psychoses liées à la pratique ou à l'intérêt pour l'agriculture urbaine, au 83 rue de la Charrue. J'étais pour ma part atteint d'un mal rare pour ma condition de responsable jardinier-chevrier d'une association de Bagnolet (93) : je n'arrive pas à dire "Agriculture urbaine"; l'écrire, encore ça va, mais le dire ... Bon, pis, j'vous parle même pas du reste de la série des concepts fers de lance de la ville de demain: participatif, contributif, création de lien social, nature en ville, vivre ensemble, etc.

Je n'avais ni honte, ni peur, de me confier à cet expert, je me sentais simplement un peu seul. Je me demandais pourquoi ce terme d'agriculture urbaine me gonflait autant et pourquoi il me hérissait autant le poil et celui de mes chèvres, d'entendre parler de berger urbain, de paysan ceci, paysan cela; pourquoi le champ lexical ou le ton du discours des stars et des fans de l'agriculture urbaine me bourraient autant le mou, et, me ramenait aussi subrepticement vers le monde de la publicité. J'avais vraiment besoin d'un psy.

Ce fossé qui se creusait à coup de légumes par-ci, moutons par là, entre mes présupposés confrères, et moi, se devait d'être exploré et fouillé. Où est la part d’ego dans tout ça, dans tout ces p'tits projets qui deviennent nos étendards? Enfin, sans déconner, on se sent paysan ou pas, on en fait pas un flan. On fait des trucs avec, ou sans les tripes. On vit avec ses bêtes, avec sa terre, et pis l'reste du temps, on les amène partout où on va dans not' caboche.
Bon vous voyez quoi, j'commence à lui raconter c'genre de truc au psy, allongé sur un divan de récup de la marque "Get free", et pis d'autres encore. Et j'vois que ça l'accroche, qui comprend pas tout à fait mon délire et que ça lui laisse l'espoir d'un nouveau scénario  à élucider et que ça lui fera bien passer l'heure qui reste.


Et en fait, j'lui dis grosso modo, c'que j'dis à tous ceux qui me parlent de tondeuse écologique et de berger urbain (cf article sur ce blog "Discussion entre un berger et son troupeau"). Que nos bêtes ne sont ni des tondeuses ni des écolos, mais bien des herbivores qu'ils faut bien nourrir, plutôt que de leur faire faire de "l'entretien"; et que s'il y a des écolos dans le lot, à la limite c'est nous, et nos choix de conduite du troupeau et de ses pâturage. J'lui fait remarquer que c'est drôle comme tout ce qui se passe en ville attire tous les fins limiers de l'air du temps; comme si y avait des choses à pas rater, pour que le mythe du progrès, version hipster cette fois, continue à jouer son rôle. Petit jardinier-chevrier de banlieue, banlieue mon amoure, me voilà Berger urbain. Ouah, la classe, ça fait rêver! Mais pourquoi?

Réponse numéro 1 : Parce que la ville et certains quartiers sont considérés comme tellement pourris qu'on en croit pas ses yeux quand il y a émergence de formes culturelles
Réponse numéro 2 : Parce que le politique tente de récupérer tous les mouvements émergents, et les transforme en spectacle qu'il fabrique et propage grâce au médias et à toute une armada culturelle et scientifique qui  fait le travail de conceptualisation de ce qui n'était que forces vives et pratiques
Réponse numéro 3 : Parce qu'un troupeau qui se balade, où qu'il soit, ca laisse jamais indifférent l'animal qui est en nous, et l'humain qui est dans cet animal

Et plus j'parlais, plus j'me sentais convaincu de c'que j'racontais; et  j'm'en suis rendu compte et j'me suis dit "merde, ça craint là, le psy, y va sortir un truc ..." Et puis non rien, y  m'regarde, avec un regard de psy, il hausse des sourcils interrogateurs, et il laisse remonter un autre truc en toi que tu vas finir par lui cracher. Et ça marche.

Ooh la la, l'agriculture urbaine, c'est un truc qui faut pas prendre à la légère. y parait que c'est une question sérieuse; l'genre de truc qui peut sauver le monde et racheter nos âmes souillées par les excès. Ça fout grave la pression leur délire. Y a des réunions, des ateliers ou encore des conférences-débats où tu te demande où est ce que tu as mis les pieds, tellement tu te sens seul. C'est pour ça qu'c'est bien d'être en asso et d'pouvoir réussir à se caler à plusieurs grâce à des intuitions communes.






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