lundi 24 septembre 2018

Vive l'impro !


J'vais vous la faire
Comme ca 
En impro
J'ai téléchargé des photos dans le désordre
Il faut un texte qui pète
Pour faire swinguer les images
De Sylvie
Un texte qui déchire
Pour les potos 
De la Bergerie



La Bergerie ca pue la campagne
Et ca sent bon le 93
On est pas là
Pour faire 
Et dire
Ce qu'on voudrait nous faire
Faire et dire
On est du 93
Tout le monde est du 93
Seine Saint Denis Terre d'Asile
Paris veut te grignoter
Te maquiller
On voudrait que tu sois sympa
Mais il y a longtemps
Que tu as de la valeur




Bagnolet village de Banlieue
Qui fait la bise à Paris
Banlieue chérie
Banlieue haïe
Eh ! c'est chez nous !
L'adrénaline coule dans nos veines
On aime les trucs de ouf
Entourés de gentils fous
Y avait la place pour les bêtes
Et on l'a prise


Sans la complicité
Des anciens, des jeunes,
Des darons des daronnes
Des minots
C'était foutu
Mais tout le monde a assuré
Alors Ça l'a fait
On bosse et on nous respecte
Si y a embrouille
Y a le bouc
Et c'est tout


Loin loin de l'agriculture urbaine
Des bergers urbains
Qui se branlent avec leurs moutons
Qui font l'trottoir
J'ai une bonne couche de merde
Sous la semelle tous les jours
Des mains sales
Et une odeur agricole
Qui me colle autant à la peau
Que l'odeur de la rue
Loin des clichés
Loin des cases
On fait plus de place pour les gens
En laissant la place aux bêtes
On essaie de montrer
Que notre 93 a de la valeur
Avant les projets de rénovation
Avant le séduisant lissage
De nos villes cabossées
Qui nous fait sentir encore une fois étrangers
Alors que nous sommes chez nous




L'matin quand j'pars à la Bergerie
J'ai du rap à fond
Dans mon camion déglingué
Ça m'empêche pas d'aimer les fleurs
D'dire bonjour 
De sourire
J'continue à enrouler des cartons
J'continue à dire non
A ceux qui veulent une ville 
Sans oasis dans l'béton
Les chèvres sont là
Pour le rêve et la conquête éternelle de liberté
Là où elle ne se cache pas
Là où elle n'est pas payante
Là oú elle n'est pas confortable
La liberté dans la rue
Dehors en bas de chez nous
Pour tous
Pas que pour ceux qui sont comme il faut
Oú pour les bobos rebelles
Qui auto célèbrent leur culture
Qui se construit sur des ruines
Et qui feignent d'ignorer qu'ils prennent la place
De ceux que l'on veut cacher





Alors quel destin ?
Pour la Bergerie
Pour nous banlieusards
Ignorés stéréotypés objets de condescendance
Pour tous ceux qui restent en dehors
Du spectacle généralisé
Version capitaliste assumé ou version bohême
Parce qu'ils ont des trop grandes gueules
Parce que tout est fait pour qu'on se sente moins ceci moins celà
Que les modèles qu'on nous brandit
Et pour que l'on reste entre nous
Notre culture est underground
Pas par mode
Mais par réalité et nécessité.

La bergerie est une banlieuserie
Son destin est donc solidaire
Du quartier
De ses habitants
Et de ses enfants
Qui me demandent parfois
"Gilles, c'est vrai qu'ils vont détruire la Bergerie ?"
Mon coeur se serre alors
Et je leur répond :
Non, ne vous inquiétez pas
Ils ne vont rien détruire, on se défend
Il ne vont rien détruire
Ni vos rêves
Ni nos racines ramifiées
 Qui irriguent le béton
















1 commentaire:

quisas-quisas a dit…

Comme toujours "Petit pois", les mots de rage qui tombent aussi juste que la pluie d'orage sur le bitume brûlant de nos cités.