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samedi 31 janvier 2015

Bien s'asseoir sur la Forêt ... et dans la cour du collège!


Pendant que les grands paysagistes et les grands architectes décident de ce que sera la ville et la nature en ville de demain



Pendant que grâce à des échelles qui défient tout bon sens, ils érigent les plans comme boules de cristal


Pendant qu'ils voient des trames partout, victimes d'une dégénérescence idéologique née d'une trop forte endogamie avec les décideurs


Et tandis que ce monde continue à tourner le dos aux solutions humaines, préférant les modes d'emploi


Certains se retroussent vraiment les manches



Et sachant qu'ils ne cherchent pas ensemble le superflu



Ils arriveront à quelque chose qui ressemblera à un instant où l'improvisation aura eu la part belle


Et alors la matière objet aura, comme un visage, plusieurs expressions, nées de la rencontre avec l'autre




Collège Langevin - Travail, Bagnolet
Association Sors de terre - Déc 2014 - Projet Art-Dinage (2012- ...)

lundi 1 décembre 2014

Devenir Indigène



Indigènes
Quand on devient des étrangers 
Une deuxième fois

Quand on vit 
De débrouilles
Un peu trop proche
De la vie

Indigènes
Dans les prés
Dans les prix

On est prêts
Mais on est pris
par des règles 
Indigestes

Cette terre est elle
Pour chacun
Où pour quelques uns

Indigènes
L'oreille collée à la forêt
Dans un monde 
Où rien n'est entendu

Ce qui est beau
Ce qui est simple
Devient suspect
Pour ceux qui marchent
Sur des échasses

Indigènes sans programmes
Désir et nécessité
Entrelacés
Dans chaque foulée

Les plantes sont en opéra
les bêtes mythologiques
Les Hommes
Cherchent leur place
Face à des armées 
Qu'ils mangent
Tout est question d’appétit

Indigènes
Risquer de se perdre soit même
Dans les secousses  de l'individualisme
Et ses océans sans fond

Et braver les tempêtes
Avec un parapluie
Sachant que la mort
Était déjà
De ce monde.

jeudi 8 mai 2014

Discussion entre un berger et son troupeau sur la gestion ou non-gestion par l’animal des espaces verts urbains ?



Animal, animal, quel est ton pouvoir ? Herbivore, herbivore, quand tu nous dévore le sens critique et que l’on ne rumine pas encore assez notre ville de demain, quel est ta place dans nos cités ultra rapides ?

Mes chères chèvres, mes chères brebis, asseyez vous que je vous apprenne la bonne nouvelle ; je vous demande de vous asseoir au cas où elle ne saurait pas de votre goût. Vous êtes … vous êtes … des tondeuses écologiques ! Oui oui, des tondeuses, c’est bien ça, mais … écologiques. Mais non, mais biensûr, biensûr, vous n’êtes pas vraiment des tondeuses … bon bon d’accord, pas du tout des machines ! … et ? comment ? ah oui, … vous n’êtes pas écologiques non plus … mais bien sur que vous n’êtes pas écologiques, je n’ai jamais dit ça ; … je vous annonce simplement que c’est comme ça qu’on parle de vous … ou ça, qui ça ? euh comment vous dire ça … ben quand on veut expliquer ce que vous faîtes en pleine ville … ça peut être quelqu’un qui passe dans la rue mais c’est plutôt des gens qui s’intéressent aux espaces verts urbains, ou à l’écologie, ou aux trucs un peu spectaculaires … vous voyez l’genre ? Quoi ? bêêê euh … bêêêh ? Comment on peut penser ça ? Ben disons que … on aimerait vous utiliser comme des tondeuses, ou des débroussailleuses, ou des je-ne-sais-pas-trop-quoi-euses, alors que vous, vous jardinez. Et puis y voudraient, à par ceux qui on déjà pu creuser un peu la question, que vous tondiez bien ras. Hein ? Ouai je sais c’est moins bon pour vous et pis ça fait moins joli et ça vous vous vaut des bonnes embrouilles avec les abeilles et autres bourdons, mais c’est pour ça qui vous veulent ou qui vous voient certains : comme des tondeuses … écologiques ; un peu comme des voitures électriques, ça marche et ça pollue pas. Mais ? Vous voulez d’la bonne graminée et pas du raz moquette, … et pis un peu de diversité dans l’assiette genre plein d’petites tapas … j’vous comprends : c’est aux plantes de bien vous entretenir et pas à vous de les entretenir … enfin, … de les raser. Ben oui, ben oui, vous inquiétez pas, j’suis votre berger, j’vais faire en sorte de vous mettre bien. T’façon sinon, ca va pas l’faire, vas y avoir des pépins d’santé si j’vous utilise comme des tondeuses écologiques. Et ? … comment y m’appelle moi ? Ben euh, un … berger urbain. Enfin, encore une fois pas tout l’monde, mais c’est une case qu’y est en train faire son trou si vous voulez. Si ça m’dérange ? Euh oui quand même, parce que des fois j’ai l’impression d’être plus urbain que berger et d’autres fois d’être plus berger que urbain ; alors ça m’chiffonne un peu ce titre là. J’suis un berger et un urbain, mais pas un berger urbain. Et puis ça fait un peu nom de chien … berger allemand, berger malinois, berger urbain … vous voyez y a un truc qui cloche, j’m’y retrouve pas. Et pis mon arrière grand père maternel se r’tournerait dans sa tombe s’il entendait tout ça. Y dirait, on est berger où on l’est pas, en ville où à la campagne … un bon berger où qu’il soit, y sait s’occuper d’ses bêtes. Bêêêh Bêêêh ouai grand papi bêêêêêh !!! Oh la oh la, calmez vous les bestioles … le truc, c’est qu’dans l’milieu dans l’quel on bosse, même si z’aiment causer d’agriculture paysanne … c’est pas vraiment des paysans ou des z’éleveurs bergers. C’qu’ils lorgnent en premier, c’est une nature qui r’ssemble à un bon produit, un truc bien comme y faut, un truc que y a pas à r’dire, un truc qui s’consomme bien et qui soulage quoi … un truc … un truc … qui tomberait du ciel. Une nature qui r’civiliserait même des sauvages. Bêêêh bêêêh bêêêh … Ben oui s’sais bien qu’tout l’monde vous aiment bien et qu’on devrait pas vous demander de manger l’herbe jusqu’aux cailloux mais … c’est qui sont pas habitué au bétail les citadins, et à par ceux qui vous connaissent bien, des anciens surtout d’un peu partout, ben … y s’rendent pas compte. Comment faire alors ? … ben, j’ai un peu ruminé et … j’m’suis dit avec trois ans de recul que … vous aviez un sacré pouvoir et que la meilleure chose à faire s’était de … s’casser dans les Cévennes ! Bêêêêh bêêêêh bêêêêêhhhh ! Non non j’déconne les poilues, en fait j’crois qu’vous êtes écolos à condition qu’on vous offre vraiment de quoi bien manger au pâturage et à la mangeoire. Y vous faut un système hyper extensif en pleine ville. Et ça ça s’défend … quand on a l’occasion d’expliquer et justement y a bientôt un truc … mais rassurez vous … vous n’êtes pas des tondeuses ! Allez, on y va ; allez, viens, viens, viens, viens. Mêêêêh bêêêêh !


mercredi 16 avril 2014

Ruminons la ville


Depuis samedi 12 avril, Sors de Terre investit les pelouses de deux résidences de Paris Habitat dans le 20e arrondissement de Paris (la résidence du Square d'Amiens et celle de la rue Félix Terrier).
Ses bêtes viendront y pâturer trois à quatre fois par mois, et différentes activités progressivement s'y grefferont. Du jardinage, des petites constructions, des ateliers pédagogiques et artistiques... de quoi remuer les lieux et ruminer ensemble sur leurs devenirs.
Le programme arrive bientôt !



lundi 4 novembre 2013

Une assiette de 3 hectares!



 Depuis juin, le troupeau de l'association se rend 4 fois par mois dans l'ancien parc municipal de Romainville qui fait maintenant parti de la Base de loisir régionale de la Corniche des forts



Un projet d'agro-pastoralisme au coeur de la Seine Saint Denis




Un manifeste contre le ping-pong



Et une folle et délicieuse envie d'y installer un troupeau de 40 chèvres laitières

mardi 21 mai 2013

Verre la couleur



Verre
A travers
On se voit 
A travers
  La nature à travers nous
Les plantes à travers 
Le Monde
Nous à travers
 De travers
Les plantes
A travers la peinture
La nature à travers
Un peu de culture
De peinture 
Sur le verre
 Nous et nos jeunes
A travers la serre
A travers l'année
Des idées en travers
A travers le temps
Nous vers eux
 Et eux
Vert nous
Ils l'ont pas pris de travers
La couleur
Sur le verre
Vers leur nature
Refabriquée recomposée
 Poser la mine du marqueur
Sur le verre
Vers et à travers leur hésitation
A figurer
Ce qu'ils savent caché
Ce qu'on cache 
Dans ces histoires de nature
 
 L'espace divisé
La ville la forêt
Les hommes divisés
Ceux qui savent les sauvages
 A travers
On est passé ensemble
A travers la serre
A travers le verre

vendredi 10 mai 2013

C'est déjà plus ce que c'était: Bidouilles et arts plastiques à la Bergerie




La Bergerie c'est : une baraque en bois au milieu des bâtiments, l'endroit où dorment les brebis et les chèvres, une bibliothèque, une espèce de square où viennent jouer les enfants, accompagnés ou pas, par leurs parents, c'est aussi notre squat, une structure pédagogique qui accueille les écoles et autres structures d'éducation et d'animation, c'est un petit bout d'utopie, c'est un endroit où faire la fête, c'est de la nature en ville, mais on s'en fout, c'est un truc que quand tu passes devant tu te dis "c'est quoi ça?", et c'est aussi maintenant, et enfin, un atelier d'arts plastiques et autres bidouilles animé par Ayda-Su qui relie les mains et l'esprit.
 Elle était chouette la Bergerie tout en bois avec son petit jardin devant, son pré au fond, ses bêtes qui se baladent, ses bancs, ses tables en palettes, ses petits passages et autres planquettes à fabriquer des souvenirs d'enfances. C'était bien roots tout ça, mais il manquait une petite touche de fantaisie, d'autres formes de créativité.
 


Et puis nous à Sors de terre, on doit vous l'avouer, on a une peur bleue de se faire cataloguer; bah, les étiquettes ... nature en ville ... agriculture urbaine ... éducation à l'environnement .. lien social et tout le bordel et le jargon institutionnel ... à vous démotiver des éco-amoureux du fumier sur le trottoir hyperactifs.
Comment y échapper, comment s'échapper, gambader un peu plus loin ... On s'est dit ... si on veut absolument nous mettre du coté de la "nature" auréolée d'on ne sait qu'elle moralité par les temps qui courent, peut être qu'il faudrait prendre le contre pied de cette hypothèsecon-sensuelle et con-temporaine, et aller chercher plutôt vers un peu plus d'artefact.
 
Bergerie, tu pourrais accueillir des ateliers d'arts plastiques; tu pourrais créer des objets, des images, sans mode d'emploi, sans justification. Tu pourrais te faire encore plus mystérieuse et secrète. Brouilles les pistes, ne te laisse pas faire. Une artiste imaginatrice t'a adoptée, laisse la faire. En plein air, laisse venir les rêveries, gonfles les voiles de l'IMAGINAIRE, tutoies les couleurs, celles du bois vieillissant ne t'en tiendront pas rigueur.



Bientôt sur le blog, les dates des ateliers d'Arts plastiques et autres trafics surréalistiques du quotidien à la Bergeria.

Artiste intervenante: Ayda-Su Nuroglu
Traficant: Gilles Amar
La bergère: Patricia Matthey
Et autres complices de la cosa nostra bestiale

vendredi 26 avril 2013

Serres reparties !

Au début de l'histoire, puisque tout se raconte, il y a eu un prof de bahut, qui enseignait les sciences naturelles, qui eu l'idée et l’opiniâtreté de convaincre le département de construire une serre à l'intérieur du collège Travail - Langevin de Bagnolet. Il devait être un peu loufoque et avoir une idée pratique de l'enseignement; ça devait changer des TP dans la classe. Le Monsieur, passionné qu'il devait être, a fini tout de même par s'en aller en retraite, et heureusement, il n'a pas mis la serre dans sa sacoche en partant.




La porte de la serre est restée fermée plusieurs années. Le palmier dattier dans ce lieu déserté ne s'en est pas ému, il a continué à croitre, à s'en écraser contre les vitres; Le kaki a lui aussi reverdi chaque année, et les amours en cage ont attendu que la porte s'ouvre à nouveau.



Bon, y s'trouve que dans les environs du collège, y a une asso, qui a des jardins et une bergerie, et qui fait pas mal de truc avec les enfants et les jeunes, dans l'genre jardinage, auto-construction, et pâturage. Ouais, un peu ringard pour des collégiens? Ben ... ça dépend, c'est l'reflex qui z'ont au départ, et pis en fait l'action, la tchatche qui va avec, y z'aiment bien. En plus,  y s'trouve que dans s'collège, y a une équipe éducative pas trop nase et qu'on a fini par se dire qu'y avait un truc à faire avec ce lieu un peu surréaliste dans ce bahut où les yeux se fracassent contre l'béton. Tandis qu'la serre, la serre ... c'est la transparence, la lumière!



Allez, c'est parti, on tatonne; bêche, houe, jeunes plants, semis, c'est la fin de l'été, l'début d'l'automne, y fait encore doux, on est tenté d'rester dehors et de jardiner les maigres espaces arables de la cour et de d'vant l'collège ... et puis on s'attaque à la serre. Faut la nettoyer la cochonne, abandonnée depuis tout c'temps elle s'est laissée aller.



La serre, la serre ... les serres, elles nous renvoient à deux mondes: celui de la production horticole et celui de l'acclimatation; d'un coté, le pragmatisme vivrier ou économique et de l'autre, les voyages en commun des plantes, des Hommes, et l'exotisme. Cette nature toujours et encore à maîtriser dans l'histoire de l'occident pour un gain économique ou symbolique. En ce qui nous concerne, l'objectif est de redonner sa magie au lieu, lui redonner sa qualité d'OVNI, car s'en est un. Installer le long d'un patio que les collégiens traversent pour aller en récréation, l'idée qu'ils puissent passer devant sans que leur esprit voyage est insoutenable. La serre c'est une machine à rêve et à évasion.



"Club jardinage", dans les archives de l'administration du collège, c'est sous ce titre que le projet restera consigné. Un jeune aficionados participant depuis le début au projet trouva le terme d'Art-dinage aussitôt entériné par le conseil supérieur des art-diniers présents. Ça cadrait parfaitement avec les intervenants choisis par l'asso pour l'année: une artiste, un jardinier. L'idée n'était pas uniquement de restaurer un lieu ou de lui redonner ses fonctions courantes initiales; non, non, non, non, non ... il fallait passer à travers la serre, à travers le temps, l'espace, à travers cette bonne vieille idée de nature et ses résurgences contemporaines. Ok, on s'fera pousser quelques plants de légumes et de fleurs qui partiront ensuite dehors, mais c'est pas tout. On va aller chercher la forêt, la tropicale, la sauvage dans nos têtes; on va aller vers le fouillis, l'exubérance, on va jouer aux indiens, on va pas chercher à la dominer, ou à la respecter cette nature, on va la jouer, la réinventer, sur les vitres transparentes de la serre avec de la peinture, des lignes, de la fantaisie.



On ne vous montrera pas ce qu'on a fait dans la serre, on vous laissera voir à travers elle, tout ce qu'elle nous cache malgré sa transparence.



Les ateliers ont lieu toute l'année, chaque vendredi après midi, avec un groupe d'élèves volontaires du Collège Travail - Langevin. Ce projet est financé par le Collège grâce à une subvention de l'Acsé dans le cadre d'un Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS)

Intervenants: 
Ayda-Su Nuroglu, artiste plasticienne
Gilles Amar, jardinier



La serre, la nettoyer




L'aménager



 Prendre soin des cultures





 L'ensemencer de culture amérindienne
Haricot-maïs




La serre, espace de re-création d'une nature imaginaire 






vendredi 12 octobre 2012

Chouette, un chantier !

 
Voilà bientôt un an que la bergerie des Malassis a été construite. Le petit troupeau de Bagnolet est maintenant bien installé et fait partie intégrante du quartier. Mais un simple toit ne suffit pas. Il leur faut aussi de quoi manger. De l’herbe et du foin de Bagnolet tant qu’on y est !
C’est pour ça que certaines pelouses du quartier vont être transformées en coins de pâturage. Les bêtes pourront alors venir y brouter quelques semaines dans l’année. Et pour être sûr qu’elles ne s’échappent pas, rien de tel qu’une clôture.
Nous vous attendons nombreux sur le chantier pour donner coups de main, conseils et se joindre aux bêtes et bergers du quartier !




jeudi 4 février 2010

Jardins pédagogiques et Agriculture urbaine





L’association Sors de terre révèle le potentiel agricole, écologique, pédagogique et social de terrains sans usages en ouvrant des espaces de jardinage biologique. Elle y propose sous forme d’ateliers des cycles de découverte du jardinage et de l’environnement naturel local, des chantiers de jardinage collectifs et des sessions de préformation aux métiers de l’agriculture et de l’environnement.



Les lieux jardinés par des enfants, des familles, des habitants, retrouvent une destination sociale. La terre, les plantes, les Hommes ne sont plus séparés. Le lien se recrée, des échanges ont lieu et différents regards se posent


ensemble sur un bout de paysage, devenu jardin.



dimanche 10 mai 2009

Des jardiniers en herbe dans la ville



Association


« Sors de terre »


Des jardins pédagogiques

pour les petits citadins




« Sors de terre » est une association loi 1901 à but non lucratif. Elle s’est donnée pour objectif dans un premier temps d’œuvrer pour l’éducation à l’environnement et à l’agriculture, en milieu urbain, grâce à la création de jardins pédagogiques où se déroulent des ateliers de découverte du jardinage biologique. L'association entretient et anime, pour l'instant, trois jardins pédagogiques à Bagnolet (Seine Saint Denis); L'un est situé à l'intérieur du Jardin partagé des guinguettes de la dhuys créé par l'association du même nom, un autre se trouve sur un terrain de l'OPH à proximité d'un groupe scolaire du quartier des Malassis et le dernier dans l'école maternelle "Pêche d'Or" dans le cadre d'un projet d'école Jardinage et language.




L’association veut privilégier des partenariats sur toute la durée de l’année en raison de la nature même de son projet. En effet, la création d’un jardin pédagogique trouve tout son sens à la condition qu’il soit fréquenté régulièrement à chaque saison, afin de participer aux différents travaux et d'observer les différentes étapes de la vie des végétaux, des insectes et des animaux. Les enfants deviennent ainsi les jardiniers d' un espace vivant qui deviendra pour eux un lieu privilégié et familier, riche en sensations, en satisfactions et en apprentissages.


L’idée est de créer des jardins qui sont à la fois des outils pédagogiques (lieux de découvertes et d’apprentissages), des conservatoires d’espèces ou de variétés rares (développement de parrainages), et des lieux d'expérimentation qui s’inventent.

Chaque atelier aura un double objectif :



· l’un d’ordre pédagogique, puisqu’il sera l’occasion d’acquérir non seulement des savoir-faire et des connaissances relatifs à la vie des plantes en jardinant ; mais aussi, par l’intermédiaire de contes ou d’anecdotes, de contextualiser ou de décontextualiser culturellement les pratiques et les représentations dont les espèces cultivées font l’objet.


En effet, si l’idée de domestication des plantes prend un sens concret lorsque l’on découvre leur vie et leur environnement à travers les actes du jardinage, elle prend encore une autre dimension si l’on est aussi en mesure de se rendre compte de la diversité des rapports des Hommes aux autres espèces vivantes. Une des variables de la biodiversité est la diversité culturale et culturelle.



· Le second objectif est d’ordre social, dans le sens où l’on cherchera à faire émerger une dynamique de groupe. S’il est souhaitable, car valorisant, que l’acte de jardiner suscite un sentiment d’appropriation, les jardins créés par l’association ont vocation à être perçus comme des œuvres collectives.


L’évaluation de la réussite du projet sera d’ailleurs basée sur la plus value en terme social et même affectif apportée par le jardin plutôt autant sinon plus qu’en terme de réussite de la production horticole.




Dans le souci de respecter les besoins et les rythmes des enfants, les ateliers alternent des temps calmes et des temps d’action ; ils ne durent jamais plus de deux heures.


L’association « Sors de terre » ne conçoit pas les jardins pédagogiques comme des écoles à ciel ouvert mais bien plus comme des lieux d’expérimentation où corps et esprit, intellect et sens, se rejoignent. La plupart des ateliers et des thèmes qui se déroulent au jardin, sont mis en contexte par des jeux, des contes, ou des petits spectacles.



L’objectif principal n’est pas, lors des ateliers, que les enfants ou les adolescents repartent avec une connaissance théorique encyclopédique du jardinage ou des êtres vivants, mais bien qu’ils se familiarisent avec une action sur le vivant et avec le vivant lui-même. Ainsi, ils seront plus à même de décoder leur propre environnement en tant que résultat d’une action humaine.



Au fil du temps, le jardin fera partie lui aussi de l’environnement immédiat des enfants. Ils l’auront vu se transformer, accueillir de nouvelles «bêbêtes » ; ils consommeront ce qu’ils ont semé ou planté ; ils verront même des « grands » s’y intéresser (même leurs parents !). En un mot, ils éprouveront un sentiment de fierté, une fierté collective et légitime.



Dénominateurs pédagogiques communs aux jardins créés par l’association





1) Découvrir la vie des espèces naturelles sauvages ou domestiques et favoriser la biodiversité en milieu urbain.



Les trois projets ont en commun de proposer aux enfants et aux équipes pédagogiques (enseignants et/ou animateurs) la création, l’entretien, la mise à disposition et l’animation, d’un outil d’éducation à l’environnement : Le jardin pédagogique. Chaque jardin sera évidemment un lieu privilégié pour la découverte in situ et in vivo de la vie du sol, des plantes, des insectes et autres animaux … mais aussi des phénomènes météorologiques, du recyclage, et de la notion de paysage.


Lors des ateliers de jardinage animés par l’association, les enfants prépareront le sol, ils l’enrichiront avec des engrais naturels, sèmeront, planterons, arroseront, désherberont, et récolteront les fruits de leur travail collectif. A travers ces « simples gestes » qui seront répétés, ils apprendront à distinguer les différences entre les plantes « sauvages » et les plantes cultivées ; ils découvriront les conditions favorables à la vie des plantes, leurs différents organes, et leurs modes de reproduction ; ils apprendront à classer les plantes cultivés : comestibles, ornementales, aromatiques, légumières, fruitières, … ; ils découvriront les insectes ravageurs ou au contraire les insectes protecteurs parce que prédateurs de ravageurs …En bref, ils réaliseront que leur ville est un environnement où les Hommes ne sont pas les seuls êtres vivants ; ils se familiariseront avec certains d’entre eux ; et, ils découvriront les moyens de partager et d’accroître cette biodiversité en installant des refuges dans le jardin et en y introduisant de nouvelles plantes domestiques ou sauvages ...




2) Le jardin pédagogique : Un lieu à raconter, un paysage à imaginer, un espace de création.




Les jardins pédagogiques créés et animés par « Sors de terre » ne sont ni des laboratoires scientifiques à ciel ouvert, ni des simulacres d’exploitation horticole. Ce sont avant tout des jardins faits par et pour les enfants. En tant que tels, il est souhaitable qu’ils puissent restituer les activités qui s’y sont déroulées grâce à des formes narratives adaptées. Il en est de même en ce qui concerne l’expérience sensorielle et esthétique que constitue la création d’un jardin. L’espace jardiné doit être jalonné de repères, de symboles, qui permettront à la fois de tenir un discours sur le jardin mais aussi d’en permettre une lecture visuelle et une appropriation émotionnelle due aux qualités esthétiques subjectives du lieu.


Ces réflexions qui ne sont pas que théoriques puisqu’elles s’appuient sur des expériences vécues ; elles ne sont pas sans incidences sur le contenu même des animations du jardin. En effet, un atelier au jardin, ce ne sera pas seulement observer, semer, planter, protéger des plantes, et récolter. Souvent les interventions de l’animateur au jardin s’inscriront dans une mise en scène ou une fabulation où les enfants auront un rôle à jouer en s’immisçant dans le jeu global du monde vivant ; que ce soit à travers un conte, une chanson ou un petit sketch, l’entrée en matière fera souvent appel à un imaginaire au service de la pédagogie et à des modes de narrations plus facilement restituables. Les ateliers pourront aussi se terminer par un jeu, en extérieur ou en salle de classe, en rapport avec le « travail » accompli au jardin afin de monopoliser différemment l’expérience faite.


Les ateliers au jardin se déclineront aussi, d’une part, en activités artisanales (teinture de tissu, vannerie, cuisine, …) afin de souligner la dimension utilitaire de la culture des plantes, et, d’autres part, en activités artistiques (peinture, sculpture, modelage,…). Ces dernières, pouvant être complémentaires des travaux horticoles d’un point de vue pédagogique, participeront aussi vivement à l’appropriation collective des lieux, puisqu’en laissant des traces, comme autant de souvenirs, et en transformant l’espace, elles permettront d’amener modestement les enfants à se faire une idée de la notion de paysage.