lundi 9 septembre 2019

Les petits mots de la Bergerie des Malassis (Ça câline ça fait mal)




Il est 11h30, je suis dans les temps. Je vais sortir les chèvres. Où aller ? Les Malassis ont tellement changé depuis que la rénovation urbaine est passée par là. Les espaces verts publics de pieds d’immeuble ont été réduits à peau de chagrin. On ne reconnait plus le quartier. Où aller ? Soit je retourne comme ces deux derniers jours au parc du Château de l’étang, nouvellement baptisé Josette et Maurice Audin, en hommage à l’esprit de résistance et au combat pour la liberté de tous ; soit je vais sur les prés jumeaux, bien que l’herbe n’aie pas encore vraiment repoussée après la pluie. Je me décide pour les prés jumeaux. Je dis encore « les prés », même s’il n’y en a plus qu’un … l’habitude.
 Je trie les chèvres et les moutons. Seules les chèvres sortiront ; il y a longtemps que je n’ai pas sorti les moutons. Quand il y avait deux prés, je mettais les moutons d’un côté, les chèvres de l’autre. Puis, quand il n’est resté qu’un seul pré, j`y mettais les moutons, pour ensuite sortir les chèvres pendant trois quatre heures, le temps qu’elles se remplissent bien la panse. De retour avec le troupeau cornu en fin d’après-midi à la  Bergerie, ouverte et pleine d’enfants, de leurs parents, et d’autre visiteurs improbables au 9 rue Raymond Lefebvre. Certains disent, sans rougir de honte, qu’il n’y a jamais personne à la Bergerie. Curieusement, ces personnes ne sont jamais là, et ne connaissent rien au quotidien et aux activités de notre association, alors que la vie publique est censée les concerner au plus point. Passons, pour l’instant, sur les fake news version local.
La Bergerie se remplit du son des cloches des chèvres excitées qui savent qu’elles vont avoir droit au grain. Puis tout se calme. Certaines personnes attendaient pour avoir du lait. Je trais : Je me pose une petite demie heure, dit quelques conneries pour rigoler avec les potes, et je repars chercher les moutons qui ont passé l’après-midi aux prés jumeaux. J’explique aux enfants et aux adultes qui sont là, réunis sur ce bel espace vert derrière l’arrêt Stalingrad du 115 et du 76, qu’il faut reculer un peu parce que mes moutons sont plutôt peureux. Parfois le petit troupeau plein de laine, n’avait pas trouvé assez à manger dans l’enclos alors je les gardais encore une petite heure sur les ruines du deuxième pré où la flore avait repris le dessus sur les blessures béante de la terre laissées par les bulldozers. Puis nous rentrions.
Cette année, je n’ai pas eu l’énergie de perpétuer ce manège, un peu dingo. Les moutons mangent un peu d’herbe dans l’école maternelle Pêche d’Or, et l’asso achète plus de foin. Le foin, ça coute une blinde. Ça mange, ces braves herbivores. On les garde quand même, en se disant qu’il y aura des jours meilleurs, et surtout car leur laine est transformée en objets en feutre féériques par Matrupix, qui a son atelier à la Bergerie.
11h47 … il faut qu’on y aille. Alors comme depuis le début de cet été, je n’ai sorti que les chèvres. Une fois toutes rassemblées, je donne le signal, même si elles savent déjà que nous partons. J’ouvre la première grille verte pour que le troupeau se dirige vers la grille rouge de sortie  de l’école qui donne sur la toute nouvelle rue Blanqui. Elle est maintenant ouverte à la circulation. Dès les premières secondes, je dois dorénavant, être extrêmement vigilant, pour que tout aille bien toujours

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